"Corromps-toi, corromps-toi, tu ne souffriras plus!"
Publié le 12 Février 2014
Alors je rentrais dans la ville; je me perdais dans les rues obscures; je regardais les lumières de toutes ces croisées, tous ces nids mystérieux des familles, les voitures passant, les hommes se heurtant. Oh! quelle solitude! Quelle triste fumée sur ces toits! Quelle douleur dans ces rues tortueuses où tout piétine, travaille et sue, où des milliers d'inconnu vont se touchant le coude; cloaque où les corps seuls sont en société, laissant les âmes solitaires, et où il n'y a que les prostituées qui vous tendent la main au passage! "Corromps-toi, corromps-toi, tu ne souffriras plus!" Voilà ce que les villes crient- à l'homme.
La confession d'un enfant du siècle, A.de Muset